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Les Haies    

Introduction
Les haies ..... nous avions, dans un bulletin municipal, abordé ce vaste sujet que sont les haies. Introduites au XVIè et XVIIè siècles, on ne dira jamais assez combien elles sont utiles et indispensables à l'homme.
Et pourtant ...... Combien de kilomètres de haies ont-ils été arasés ? Et oui ! Pour le productivisme, c'est de la surface agricole gâchée ! ....... L'entretien des haies est un travail harassant ........ Ce vieux pommier est gênant. On l'abat ....
Et pourtant ...... Dans ce vieux pommier, vivait une chouette chevêche ......... Elle devra s'installer ailleurs ....... Les mulots et les campagnols prolifèreront ..........

Les haies ont été faites par l'homme, pour l'homme.
Idéales pour séparer deux milieux, les haies trouvent leur place au bord des routes, où elles atténuent les nuisances pour les riverains (déplacement d'air, bruit, odeur).
Dès les Moyen Age, les forêts ont été déboisées pour faire place aux cultures. Néanmoins, chaque parcelle conservait sur son pourtour, une bande de végétation. Celle-ci permettait de délimiter le terrain. Ainsi sont apparues les haies que nous connaissons. La haie, au fil tu temps, est devenue un écotone (territoire qui marque la frontière entre deux écosystèmes) dans lequel la chaîne alimentaire trouve tous ses maillons.
A l'époque du Moyen Age, les habitants de la campagne s'occupaient régulièrement des haies, pour les entretenir, pour y prélever des éléments nécessaires à la vie courante. Avec l'ère de la mécanisation de l'agriculture, les haies sont devenues gênantes. En France, dans les années soixante, au moment du remembrement, c'est plus de 200 000 km de haies qui ont été arrachées. Au niveau mondial, c'est deux millions de kilomètres qui ont été supprimés. Cette politique d'arrachage fit plus de mal que de bien. C'est pourquoi, aujourd'hui, on incite les agriculteurs à replanter des haies.

Une haie champêtre, c'est quoi ?
C'est un abri pour la faune, ses couleurs changent au fil des saisons, et surtout, elle ne ressemble pas à un mur, comme les trop nombreuses haies de conifères, sombres et sans vie. C'est un espace de vie pour de nombreuses espèces végétales et animales. Une haie champêtre est constituée de plusieurs espèces (feuillus et persistants de la région) qui permettent d'avoir une floraison sur une grande partie de l'année. A la floraison, succèdent les fruits.

Un bienfait pour les cultures
Pourtant, les cultures, au premier abord, sont généralement moins "belles" qu'au milieu du champ (concurrence entre la haie et les cultures). Néanmoins, des études très sérieuses montrent que dans un environnement de haies, le rendement des cultures est supérieur de 5 à 15%.

Une fabrique à humus
L'automne et son épais tapis de feuilles mortes fournissent à la terre un engrais naturel important pour son équilibre. Les feuilles mortes sont mangées par les différents insectes, vers, bactéries, vivant dans la haie. Une fois digérées et rejetées, elles deviennent cet engrais si riche en minéraux, très utile pour la régénération des sols.

Un brise-vent de première qualité
Rien de mieux qu'une haie pour protéger un sol des méfaits du vent. Là où un mur ne protège le sol que sur une longueur égale à 2 fois sa hauteur, une haie permet une protection allant de 10 à 20 fois sa hauteur (plus elle est perméable, plus elle est efficace, sa perméabilité idéale pour le vent étant de 70 %).

Un régulateur du climat
Grâce à son ombre et à son action sur le vent, le sol se dessèche moins en été ; la rosée est également plus importante. En hiver, elle constitue un obstacle très efficace contre les vents forts et les déplacements d'air froid. Ainsi, été comme hiver, la température à sa proximité est plus clémente.

Une éponge
Avec les fossés, c'est un excellent moyen de réguler les eaux pluviales. Grâce à ses racines, la haie facilite l'infiltration de l'eau dans les nappes phréatiques, ainsi que le drainage du sol. Par cette action, elle limite considérablement l'érosion du sol.

Un transformateur
Par ses racines, elle retient les résidus d'engrais pour les transformer en engrais naturel. Il suffit de voir le problème de l'épandage du lisier en Bretagne, pour se convaincre de son action bénéfique. Non retenu par des haies, le lisier "s'écoule" jusqu'à la mer au cours des périodes pluvieuses.

Un abri pour les insectivores
Certains insectes sont redoutables pour les cultures. Là encore la haie offre une solution, en hébergeant de nombreux insectivores (crapaud, lézard, merle, coccinelle, mésange, etc ..). Des recherches menées par l'Inra d'Avignon ont montré qu'un choix et un assemblage raisonné des essences végétales, favorisent spécifiquement, la présence et la diversité des insectes utiles aux cultures.

La haie et les hommes
De tout temps, la haie a accompagné l'homme dans sa vie de tous les jours, en lui donnant des fruits, du bois pour se chauffer et faire des outils, ainsi que des plantes pour se soigner.

Les fruits
Nombre de variétés poussent naturellement dans une haie. Autrefois, elles fournissaient des baies pour réaliser des gelées et des confitures (mûriers, prunelliers, sorbiers) et des fruits secs comme avec le noisetier (lequel est très efficace, pour créer un micro climat).

Le bois
Outre les fagots faits avec le bois mort de la haie, les jeunes pousses fournissaient un complément alimentaire pour le bétail, et certaines variétés (charmes, ormes, etc ...) permettaient de réaliser des manches pour les outils.

Une apparence flatteuse
Genêt, chèvrefeuille, houx, seringat, églantier et autres participent à fleurir la haie, du printemps à l'automne. Ils peuvent être également mis à contribution, pour faire de jolis bouquets champêtres.
La haie est un vrai lieu de vie qui offre non seulement un abri sûr, mais aussi de la nourriture à toutes sortes d'animaux, son feuillage et ses épines les mettent à l'abri des intempéries, des regards indiscrets et des prédateurs. Les oiseaux, les mammifères et les invertébrés qui la fréquentent forment avec elle une chaîne alimentaire complète. On pourrait presque parler d'un écosystème.
On compte en général (selon la diversité végétale de la haie) une centaine d'espèces différentes pour une longueur de 20 m de haie.

Les conséquences de sa disparition
Faute d'abri digne de ce nom pour se protéger, les perdrix connaissent une forte mortalité durant les hivers rigoureux, et ont d'importants problèmes pour nicher au printemps. Les lièvres, eux, ne trouvent plus de site conforme à leurs besoins.
Crapauds, hérissons, orvets ... tous grands prédateurs de nuisibles, et amis de l'homme, connaissent le même sort. Conséquence directe de la disparition des haies, davantage de prédateurs pour les cultures, donc davantage d'insecticides et autres pesticides. Avec les engrais, ces produits pénètrent dans le sol, polluant les nappes phréatiques ou s'écoulent avec les eaux pluviales, vers les cours d'eau et les océans, faute de filtre et de barrière constitués par les haies. Exemples : Traces de pesticides retrouvées dans la graisse de phoque vivant en Arctique loin de toute source de pollution - Aux Usa 20 000 personnes meurent des suites d'un cancer dû aux pesticides - En France, l'eau du robinet n'est plus potable dans de nombreuses zones .............

L'érosion des sols (par l'eau comme par le vent) et la diminution de la couche de terre arable qui ensuit est énorme (la terre arable est une terre riche en minéraux, indispensable aux cultures.
Des études ont montré que la perte de 2,5 m de terre arable entraîne une baisse du rendement agricole de 6%).
Chaque année dans le monde, l'érosion emporte 24 milliards de tonnes de terre arable, ce qui représente l'équivalent d'une récolte potentielle de 9 millions de tonnes de céréales perdue. Cette érosion est également une source importante de glissements de terrains, avec parfois des conséquences dramatiques.
D'autre part, sans les racines des végétaux, les agriculteurs sont souvent obligés de faire poser des tuyaux de drainage, s'ils ne veulent pas voir les rendements de leurs champs diminuer.

Et si on replantait des haies ..........
Depuis les années 1980, une prise de conscience voit le jour politiquement, au niveau mondial. Ce revirement vient de l'inquiétude provoquées par l'érosion de la couche de terre arable.
Aux Usa, les autorités ont incité les agriculteurs à s'engager dans cette voie sous peine des suppression des primes, subventions et autres assurances. Ainsi, en une quinzaine d'années, l'érosion des terres arables a été diminuée des 2/3 dans ce pays.
En France, le lobby agricole est plus puissant et les conditions climatiques moins extrêmes. Il n'y a donc pas de décision nationale mais seulement ici et là des incitations à la reconquête des campagnes par les haies. Les zones les plus rétives à cette idée, sont celles où l'agriculture est la plus intensive, principalement les régions céréalières.

Prenons soin des haies ..........
L'entretien des haies est un travail difficile. L'emploi d'engins mécaniques tels que les broyeurs ou épareuses s'est généralisé. Sur la végétation de l'année et surtout en fin de saison, il n'y a pas trop de problème. Par contre sur les bois jeunes ou lignifiés, c'est une catastrophe, les engins provoquant l'éclatement du bois.
En outre, imaginez une perdrix au printemps en train de nicher et voyant la broyeuse arriver sur son nid ! ...... Il faut donc opérer tardivement, largement après le 15 Juin. Il faut que les couteaux soient très bien aiguisés. Il faut également laisser du bois mort dans la haie pour préserver les oiseaux cavernicoles et maintenir l'équilibre biologique de la haie.

Il faut aimer la nature.
L'homme fait partie de la nature.
 

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